Figurine (photo de Alexas_Fotos via Pixabay)

Mise en contexte

Il n’est pas toujours facile, même pour les adultes, d’établir une distinction claire entre ce qui est vivant, ce qui est mort et ce qui est non vivant. Sachant que les scientifiques eux-mêmes n’arrivent pas toujours à s’entendre sur un ensemble définitif de caractéristiques qui délimiteraient le vivant du non-vivant, il n’est guère surprenant que de jeunes élèves aient du mal à faire la distinction. Sur le plan développemental, les jeunes enfants n’ont pas une compréhension intériorisée du cycle de la vie (p. ex., les êtres vivants naissent, vivent et meurent) et peuvent donc croire que ce qui bouge est forcément vivant. De même, ils peuvent croire qu’un être qui meurt devient un objet inanimé. Cette enquête donne aux élèves l’occasion de développer une compréhension scientifique plus approfondie du vivant (à savoir ce qui est ou a été en vie) et du non-vivant (à savoir ce qui n’est pas en vie et ne l’a jamais été) en observant et en comparant et différenciant des exemples des deux états, puis en utilisant les renseignements collectés pour tirer des conclusions sur les caractéristiques du vivant. Avec de jeunes élèves, il convient de traiter les idées suivantes conformément à leur niveau de développement afin d’éviter de créer chez eux des idées fausses.

  • Tout être vivant a besoin d’énergie pour vivre
  • Tout être vivant a besoin de respirer
  • Tout être vivant a besoin d’eau
  • Tout être vivant produit des déchets
  • Tout être vivant se reproduit et a une progéniture
  • Tout être vivant croît, change et meurt
  • Tout être vivant réagit aux changements de son environnement

Cette enquête pourrait partir :

  • des questions ou des commentaires émis par les élèves au sujet d’un aquarium ou d’un petit terrarium installé dans la classe. Lancez la discussion à l’aide de questions comme :
    • « Qu’avez-vous observé à propos de cet environnement? »
    • « Que voyez-vous de vivant? Qu’est-ce qui n’est pas vivant? Comment pouvez-vous le savoir? »

  • de la lecture d’un livre comme I am Josephine (and I am a living thing), de Jan Thornhill. Lancez la discussion à l’aide de questions comme :
    • « Que signifie être un être humain? Quand vous regardez l’image des êtres humains dans ce livre, en quoi sont-ils tous similaires? En quoi sont-ils différents? »
    • « Joséphine dit qu’elle est un être vivant. Quand vous regardez l’image des êtres vivants dans le livre, pourquoi est-ce que Joséphine dit qu’elle appartient à cette catégorie, selon vous? »
    • « Comment Joséphine peut-elle être à la fois un être vivant, un animal, un mammifère et un être humain? »



Matériel et préparation (Cliquez pour ouvrir)

Matériel:

  • Facultatif: Aquarium (bocal, eau, pierres, plantes vivantes [leur nombre dépend de la taille du bocal], poisson rouge, nourriture pour poisson) OU Facultatif: Terrarium (achat dans le commerce ou fabrication maison avec un contenant en plastique ou en verre transparent, des petits cailloux, des plantes grasses et/ou des cactus, du terreau, une cuillère ou un entonnoir pour déposer le terreau)
  • Ensembles de cartes illustrées montrant des êtres vivants et des objets inanimés (1 par groupe)

Préparation:

  • Installez un aquarium ou un terrarium (facultatif). Veillez à ce que cet environnement comprenne des êtres vivants (p. ex., plantes vivantes, poissons) et des objets inanimés (p. ex., cailloux, coquillages vides ou petites pierres) à des fins de comparaison.
  • Préparez des ensembles de cartes illustrées montrant des êtres vivants et des objets inanimés.

Quoi faire

Les élèves développent et mettent en pratique les habiletés « comparer et différencier », « observer » et « tirer des conclusions » en étudiant le vivant (êtres vivants) et le non-vivant (objets inanimés).

Les élèves:

  • travaillent en petits groupes pour trier et classer les cartes illustrées en deux catégories : le vivant et le non-vivant.
    • L’éducateur anime au besoin les discussions en posant des questions comme: « Je constate que votre catégorie des êtres vivants contient des gens, des animaux et des plantes. Pourquoi avez-vous décidé de tous les mettre dans la même catégorie? »; « Vous dites que vous avez mis la girouette parmi les êtres vivants parce qu’elle peut bouger. Que peut aussi faire la girouette que les êtres vivants peuvent faire? » (p. ex., une girouette peut-elle absorber de la nourriture?)

    Graphique (Photo de Parlons Sciences)

  • trint et classent de manière plus détaillée les êtres vivants en utilisant leurs propres critères.
    • L’éducateur pose des questions comme « Je vois que vous avez mis le cygne et le chat dans la même catégorie. Pourquoi avez-vous décidé de faire cela? »; « Vous avez placé la girafe et le chien dans la même catégorie. Puis-je y ajouter l’image d’un arbre? Pourquoi? » afin d’aider les élèves à comprendre que les êtres vivants peuvent être des plantes ou des animaux (ce qui inclut les humains). Il se peut que certains élèves placent les humains dans une catégorie distincte. Reportez-vous au livre I am Josephine (and I am a living thing) pour rappeler aux élèves que les humains sont également des animaux. Cela pourra devenir plus clair dans l’esprit des élèves à mesure que ceux-ci établiront ce qu’est un être vivant.

  • communiquent leurs réflexions sur la manière de savoir si un élément est vivant ou non vivant.
    • L’éducateur consigne les réflexions des élèves et anime la discussion au besoin.

  • établissent des critères qui permettent de classer un élément dans la catégorie des êtres vivants.
    • L’éducateur consigne les critères dans un tableau.

  • choisissent un élément que tous les membres du groupe reconnaissent comme un être vivant (p. ex., un lapin ou un nouveau-né).
    • L’éducateur utilise la liste des critères afin d’établir si l’élément choisi correspond aux critères d’un être vivant. Par exemple, si les élèves conviennent qu’un lapin grandit, ce critère est coché dans le tableau. Si les élèves trouvent un critère qui ne convient pas pour le lapin, celui-ci est barré de la liste (p. ex., un lapin ne peut pas parler).
    • L’éducateur encourage les élèves à réitérer le processus, en choisissant des êtres vivants qui permettront d’éliminer les idées fausses. Par exemple, « Je voudrais savoir ce qui se passerait si nous choisissions une plante plutôt qu’un animal? Quelle plante allons-nous choisir? » Continuez l’exercice jusqu’à ce qu’il ne reste dans la liste que les caractéristiques communes des êtres vivants (p. ex., respirer, croître, se reproduire).

  • lisent un livre comme I am a living thing, de Bobbie Kalman. Ils utilisent ces informations et leurs connaissances antérieures afin de tirer des conclusions sur les caractéristiques communes des êtres vivants.
    • L’éducateur guide la lecture et anime la discussion, en demandant aux élèves d’être attentifs aux caractéristiques communes des êtres vivants qui ne sont pas déjà dans leur liste. (Les êtres vivants se caractérisent par leur capacité à absorber de la nourriture pour créer de l’énergie, à respirer, à produire des déchets, à se reproduire et à avoir une progéniture, à croître et à changer, et à réagir aux changements de leur environnement.)
    • L’éducateur consigne ces caractéristiques dans la liste.

  • comparent les êtres vivants aux objets inanimés à l’aide de la liste mise à jour et des cartes illustrées montrant des objets inanimés.
    • L’éducateur anime la discussion en posant des questions comme: « Pouvons-nous placer une roche parmi les êtres vivants? Pourquoi? »

Évaluation

Observez et consignez, à l’aide de commentaires annotés, de photos ou de vidéos, la capacité des élèves à:

  • Observer - Les élèves observent un éventail d’êtres vivants et d’objets inanimés et consignent leurs observations.
  • Comparer et différencier - Les élèves identifient les similarités et les différences entre les êtres vivants et les objets inanimés en se basant sur leurs observations et leurs connaissances antérieures et nouvellement acquises.
  • Tirer des conclusions - Les élèves utilisent leurs connaissances antérieures et les renseignements collectés durant l’enquête pour tirer des conclusions sur les caractéristiques des êtres vivants.

Co-construction des connaissances

Les élèves:
parler, faire et représenter

Les éducateurs:
interagir en répondant et en questionnant et stimuler

Les élèves trient et classent les images selon qu’elles représentent des êtres vivants ou des objets inanimés.

  • « Je remarque que vous avez regroupé toutes les images montrant des gens. Pourrais-je ajouter l’image d’un chat dans cette catégorie? Pourquoi? »
  • « Votre groupe a eu du mal à décider où placer les arbres et les fleurs. Que vous êtes-vous demandé à leur propos? Comment avez-vous pris votre décision? »
  • « Certains groupes ont placé l’image représentant de la terre dans la catégorie des êtres vivants et d’autres dans celle des objets inanimés. Comment votre groupe a-t-il choisi où mettre cette image? Quel a été votre raisonnement? »

Les élèves trient et classent des images d’êtres vivants en utilisant leurs propres critères.

  • « Quelle règle de tri avez-vous utilisée? »
  • « De quelles autres manières pourriez-vous trier ces images? »
  • « Quand les scientifiques trient et classent les êtres vivants, ils utilisent parfois des “parties du corps” comme règle de tri. Quels changements subirait votre tri avec cette règle? »
  • « Les gens (êtres humains) font-ils partie de la catégorie des animaux? Pourquoi? »

Les élèves communiquent leurs réflexions sur la manière de savoir si un élément est vivant ou non vivant et dressent une liste de critères permettant de classer un élément dans la catégorie des êtres vivants.

  • « Pourquoi avons-nous décidé que “peut parler” n’était pas un critère pour classer un élément dans la catégorie des êtres vivants? »
  • « Nous avons tous reconnu que “croît et change” était un critère du vivant. Regardons ces images montrant la transformation d’une chenille en papillon et celle de têtards en grenouilles. Notre critère est-il toujours valable? Pourquoi? »
  • « Nathalie a dit que les plantes respirent. Comment pouvons-nous savoir si les plantes respirent? »

Les élèves comparent différents êtres vivants par rapport aux critères.

  • « En quoi l’être vivant que vous avez choisi satisfait-il aux critères? »
  • « Quand nous avons du mal à établir si un élément satisfait aux critères du vivant, où pouvons-nous trouver de l’aide? »

Les élèves tirent des conclusions à propos de ce que tous les êtres vivants ont en commun.

  • « Quelles conclusions pouvez-vous tirer après avoir testé nos critères de classification d’un élément parmi les êtres vivants? »
  • « Que remarquez-vous à propos de tous les êtres vivants qui satisfont aux critères? » (p. ex., les êtres vivants peuvent être classés en sous-catégories, comme les plantes et les animaux)

Liens interdisciplinaires

Littératie

  • Utiliser le langage oral pour explorer et comprendre des idées et des concepts (p. ex., la différence entre un être vivant et un objet inanimé).
  • Utiliser des habiletés de traitement de l’information (p. ex., tirer des conclusions sur les critères du vivant).

Pensée mathématique

  • Organiser des objets en catégories en les triant et en les classant (p. ex., trier et classer les êtres vivants et les objets inanimés; trier et classer les êtres vivants entre eux).

Enrichissement

Si vos élèves souhaitent en apprendre plus, voici quelques pistes pour stimuler leur curiosité :

  • Certains peuples autochtones croient que l’Univers et tous les éléments naturels qui le composent possèdent une âme ou un esprit. D’après cette croyance, les âmes ou les esprits existent non seulement dans les humains, mais aussi dans les animaux, les plantes, les arbres, les roches et dans l’ensemble des forces et des phénomènes naturels comme la pluie, le Soleil, les étoiles et la Lune. Dans la majorité des langues autochtones, il n’existe pas de distinction entre les éléments animés et inanimés: toutes les âmes sont égales aux âmes humaines.
    Contactez un groupe autochtone local pour inviter un aîné ou un gardien du savoir traditionnel afin qu’il vienne en classe raconter des histoires de sa culture sur le Soleil, la Lune, l’eau et le territoire. Après cette séance, lancez la discussion à l’aide de questions comme :
    • « Le Soleil, la Lune, les roches et l’eau sont-ils des êtres vivants ou des objets inanimés? Pourquoi pensez-vous cela? »
    • « De nombreux peuples autochtones croient que tout dans le monde possède une âme ou un esprit. En quoi l’histoire que vous venez d’entendre illustre-t-elle cette croyance? »
    • « Si vous pensiez que tout dans le monde était vivant, en quoi auriez-vous un comportement différent? »

    Intérieur d’un aquarium (photo de Brenda Helen via UnSplash

  • Les élèves voudront peut-être étudier plus en détail le rôle des objets inanimés dans l’environnement de l’aquarium. Lancez la discussion à l’aide de questions comme :
    • « Pourquoi a-t-on mis du gravier dans l’aquarium? Que se passerait-il si nous enlevions ce gravier? » (Le gravier offre un habitat aux bactéries bénéfiques qui sont nécessaires pour éliminer les déchets produits par les poissons, les restes de nourriture et les débris des plantes de l’aquarium. Si les bactéries n’avaient pas de gravier où vivre, elles pourraient ne pas se reproduire suffisamment pour maintenir un environnement sain pour les poissons. Le gravier sert de sol pour les plantes aquatiques en leur procurant un endroit où s’enraciner et se développer.)
    • « Nous avons ajouté une roche et une épave de bateau miniature dans l’aquarium. Pourquoi, selon vous, ces choses sont-elles importantes pour les poissons? » (Des objets comme les roches aident les poissons à se sentir plus en sécurité, plus à l’aise et moins angoissés. Les poissons sont donc en meilleure santé et davantage capables de lutter contre les maladies. Ces objets encouragent aussi les poissons à se comporter de façon plus naturelle et à être plus actifs.)

    Couverture de Le lapin de velours, de Margery Williams (image via Les Libraires


  • Lisez une histoire comme Le lapin de velours, de Margery Williams. Lancez la discussion à l’aide de questions comme :
    • « L’auteure a écrit que les objets mécaniques faisaient semblant d’être réels. Selon vous, que voulait-elle dire par “réels”? »
    • « Dans l’histoire, le garçon dit à sa mère qu’il n’est pas un jouet et qu’il est réel. Pourquoi pensez-vous que le garçon a dit cela? »
    • « Être “réel” veut-il dire la même chose qu’être un être vivant? Pourquoi? »